Moi ce qu'en dis, c'est pas pire que ce que disent les autres. ça vaut pas plus que ça le coup de se prendre la tête. Bon, faudrait encore avoir de quoi se la prendre, la tête. C'est vrai que dans la mienne, y'a pas grand-chose. Une tête de mort avec une tête de drôle autour. C'est comme ça que disait ma grand-mère. Vanité des vanités. J'ai pas trop compris. Mais, en gros, ça veut dire qu'on ne sait pas pour combien de temps on reste là. Que s'y faut demain j'suis raide. Pas besoin d'être très malin pour le comprendre ça. J'ai vérifié sur les oiseaux que je chope à la glue parfois. Crac t'es mort. C'est pas plus dur que ça. Alors, quand je dis que c'est normal qu'elle soit morte la gosse d'à côté, j'dis pas pire que les autres. Je vois pas pourquoi tout le monde me fait des gobilles comme si je disais un truc d'énorme. Qu'est ce que ça change son âge et tout. Et même qu'elle soit morte comme ça, clac. Comme les oiseaux. Le résultat c'est le même. Et c'est comme ça. Normal. J'dis juste ça...
samedi 18 avril 2009
mercredi 15 avril 2009
Tout le monde ment.
Les mains dans les poches comme d'un qui rentrerait chez lui. Tranquillement. Peut-être au coucher du soleil. Peut-être un soir de printemps à se vêtir encore comme en hiver. Un homme de dos. C'est peut-être un qui renonce. Qui remonte vers la nuit. Ou bien, simplement, chaque jour c'est ici qu'il revient, sur les bords du lac : compter les canards. C'est peut-être le lever du jour. Face à la montagne, le soleil finira par réchauffer ses épaules. Un homme de dos, c'est peut-être un qui chemine. Face à lui, sur le chemin, va le rejoindre une femme. Ou bien un chien... C'est peut-être elle, sous l'arbre gris, les yeux pleins d'eau à s'imbiber du lac. Ils sont là où hier d'autres passaient. Seuls, le lac et la montagne, des siècles à voir rêver des Lamartine, glisser des barques, et pêcher des humains accrochés aux pontons. L'hiver, le lac se fige. Comme sur l'image l'homme de dos. Comme dans les mots l'homme qui renonce, à la nuit tombée, et qui ferme sa porte.
dimanche 8 mars 2009
Après tout...

Et pourquoi pas là ? Les gens n'y semblent pas pires qu'ailleurs et les murs pas si sombres. Parfois, il y a même du soleil par dessus les toits et encore quelques mimosas géants dont les feuilles mordues par le gel de l'hiver tendent à la fenêtre leurs folioles noircis... Quelques rues où se perdre encore quelques jours, comme autrefois à Sainté ou à Lyon, ou bien encore sur les berges de Maine. Ensuite, peu à peu se repérer aux abords de l'Huisne ou bien de la Sarthe, au passage sous "le tunnel" que je nomme "trémie", à tort ; aux noms de quartiers, Pontlieue, Ribay, Chasse-Royale ...
samedi 21 février 2009
Girojonquiairelles

Girolles jonquilles airelles. Sachant que les airelles sont des myrtilles, les jonquilles des narcisses et les girolles des chanterelles. Voilà. Ainsi ma vie se résume à ce tour de passe-passe des mots collés aux images tronquées. Faux-sens, faux-frères. Pourtant, le goût du sucre et la fleur d'oranger dans le prononcé... L'un serait un père, un oncle, un regret ; l'autre serait mon frère, mon double, mon jumeau ; et le troisième l'amant secret. Que chacun se reconnaisse.
lundi 29 décembre 2008
Trois francs six sous

J'ai laissé là-bas quelques notes de voyage à trois francs six sous, des trucs légers qui n'engagent à rien ou si peu.
Je t'ai laissé comme ça, comme un départ à trois francs six sous, un truc de bien peu d'importance, comme simplement à demain ou bien à tout à l'heure...
En suspens dans le ciel noir, la main qui s'attarde pourtant, oiseau lien, fil invisible. Retenir encore quelque chose de vivant.
samedi 13 décembre 2008
L'indubitable instant

Nous chercherons un troisième tigre. Celui-ci
Sera comme les précédents une forme
De mon rêve, une suite de mots
Humains et non le tigre vertébré
Qui, au-delà des mythologies,
Foule le sol. Je le sais.
Mais quelque chose
Me contraint à cette aventure infinie,
Insensée et ancienne, et je continue
A chercher tout le temps que dure le soir
L’autre tigre, celui qui n’est pas dans le poème.
J.L.Borges, «L’autre tigre»
vendredi 12 décembre 2008
mercredi 10 décembre 2008
lundi 1 décembre 2008
Le silence de la mer
lundi 24 novembre 2008
mardi 18 novembre 2008
Pô l'emploi.
lundi 3 novembre 2008
Seulement les eaux...
J’ai pris la route. J’ai fais ce qu’il fallait pour tirer ma carcasse de là :fermer les yeux. Tes rues sombres et tes odeurs de métal rouillé enfermées dans la boite à colère. (Le fer rouillé ça sent le sang ; le sang et l’amer)
Boite à n’ouvrir que sous peu de prétexte.
Fermer les portes. Laisser derrière les artères vides (exsangues, les artères vides).
Jeter les clés. Ferrailler. Croiser les fers. Monter des barreaux d’acier rougi.
... Seulement les eaux.
Les eaux passent par-dessus tout.
Les eaux ruissellent, ravinent, dévastent.
(Ça sent le métal, les eaux, parfois)
samedi 1 novembre 2008
Pardon.
Puisque tu veux mon pardon, tu l’as. Maintenant,tu l’emportes et tu te tires avec ! Ça ne change rien, le pardon. Ça n’enlève pas la douleur.Mon pardon, je te le donne.
Tu verras vite que c’est pas la clé, pas la réponse à tes remords, pas la vie qui repars comme avant.
Voilà : je te l’accorde, ce pardon que tu viens quémander à ma porte.
Je sais juste que t'en feras rien.
Que c’est pas la fondation, pas même le début d’un oubli, pas même … c’est rien.
T’auras sans cesse au fond des yeux les eaux du lac où elle se noie, comme un voile de brume, un filet sombre entre toi et la vie. La barque à l’abandon et les matins gris d’avant la neige, les vagues sur les eaux : toujours.
Mon pardon ne te sert à rien.
Pas de bouée, pas de rewind, pas de retour arrière, pas de case départ.
J’emporte ma solitude, je te laisse le pardon.
Le pardon, c’est juste une ânerie de plus. Un truc qu’on
dit quand on sait pas.
mercredi 22 octobre 2008
Chardons
C’est déchirant, l’automne venu, de laisser les pages se tourner, de regarder tomber, feuille morte, un pan de sa vie. Un gros morceau. Tu ne sais plus trop combien de temps passé ici. Au juste, tu ne veux pas compter...
Un jour, pourtant, comme pour les autres, les lambdas, les voisins, ceux qui, sur la chaîne, vissent ou boulonnent, ceux qui, dans les couloirs, poussent les balais, ceux qui pointent, ceux qui triment ; comme pour eux tous, un jour, la porte claque. Elle claque trop tôt. Toujours.
Je suis tellement désolée aujourd’hui de devoir te dire adieu. On aurait pu avoir plaisir à travailler ensemble, si… Si tu étais plus jeune encore, si les temps n’étaient pas ce qu’ils sont devenus, si les fusions, si les acquisitions, si les changements, les nouvelles têtes, les nouveaux staffs… Et puis, demain qui sait, c'est peut-être mon tour...
Alors, je ne dis rien : je te regarde partir et je suis juste désolée…
J’en ai vu tant et tant des hommes de dos. Des ateliers se fermer. Des portes claquer. Des machines rouiller. Des fours s'éteindre. Des vitres tomber des chassis à force d’abandon. Des toits s’affaisser sur les ateliers noirs. Pousser les chardons dans les cours des usines. Passer les chats furtifs au long des couloirs vides. Vieillir nos hommes aux mains vides, aux bras ballants…
J’ai jamais rien pu faire.
Seulement pleurer…
C’est con.
lundi 20 octobre 2008
Alphabet
Au début, c’est facile et léger, ça s’enroule, ça s’envole !Bouder. Assis, buté, contre les genoux jointures serrées.
Coulisses. Claques. Claquer puis filer. S’éclipser.
Défiler. Se défiler. Ne plus chercher de rime en « f »
Neutre. Sur le banc, transparent.
Un coup de fouet. Un éclair. Une étoile filante. Disparue.
Jérémiades et des plaintes. Geindre. Sur ton épaule pleurer.
Silence. Hôpital silence. Ce qui plane sent le souffre. Ou le sapin.
T’as pas idée ? Il rit, s’éloigne toujours. Point lumineux (sur la lune).
Joutes. Sur le gite renversé. Oubliés les vieux bassins. Ville morte.
Abécédaire képi koala l’impertinent.
J’ai deux ailes pas de quoi m’envoler pour autant. Des plumes cependant. Et des enclumes.
Matrice bien sûr ou bien marâtre. Aime les doubles-sens, les contre-sens et les renversements.
Noël bonhomme et Nicolas aux épices. Chapeau pointu et nananère !
Tête à Toto. Nul et non avenu. Refoulé. Sans cesse à la surface remonté.
Ego. Pétaudière.
Fait rire les enfants. (ne sert plus à rien quand les enfants sont grands)
Parapluie. Grise mine pour repli. Gris souris. Cathédrale de Paris.
Serpents des allitérations sublimes sourires aussi, repères.
Tu parles !
Lu, berlue (je sais c’est pas malin juste enfantin)
Volets. Persiennes mi-clos, ombres et lumière, moiteur des siestes d’été.
Aime à l’envers
Aime en secret
Thierry la fronde, Belle et Sébastien, le Patou, le chalet dans la montagne…
Z ? et bien, Zorro ! Facile.
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