vendredi 1 septembre 2006

Des eaux...


Je pensais naviguer bien seule,
Qu’à mes mots amers
Le temps ferait un lourd linceul
Qu’il était déjà tard, peut-être un peu l’hiver…

Mais ces sons perdus qui hurlent, et
Je respire ces élans disloqués, ces vagues fracassées
Dans les brumes et le givre alors, je lance quelques mots
D’amertume, de colère, de peines et de brisures…

Parfois pourtant, les heures s’apaisent
Les eaux se mêlent à la verdeur d’un lac
Pâle, lisse, plat
Lunaire à force d’être serein,
A peine la surface bruissant
Du vol de l’anophèle…

Les heures s’ennuient
Comme des ans
Au fond du lac gît une enfant,
Un ogre, un monstre marin
Que sais-je ?

Je cherche mes mots les plus noirs,
Mes heures grises,
Mes coulées de lave,
Mes couleurs fortes
Ma haine.

Mais…

L’enfant du lac s’est endormie
Sur la rive, le phare est une petite lanterne
A grapiller de nuit quelques écrevisses translucides
Va savoir ce qui pourrait sortir de ce chapeau…