
A la fin, il n’est plus temps de se retourner.
Il y a bien pourtant tous ceux qu’on a laissés derrière soi,
Assoupis,
Au hasard,
Aux pires abandonnés
Tous ceux dont on nous disait qu’ils étaient terroristes
Ou bien pirates
Et qui au fond n’étaient jamais que de piètres corsaires
Et leurs sanglants étendards
De pauvres chiffons rougis
Tous ceux qu’on a laissés bien seuls
Au centre de leurs arènes
Devant des gradins vides
Tout résonnant de crimes anciens
Sans plus aucun témoin
Tous ceux qu’on a aimés pourtant
Et qui ne l’ont pas su
Et qui ne l’ont pas cru
Qui sont là-bas, perdus
C’est parce qu’un jour, le temps ne nous suffisait plus,
Qu’il nous fallait, ailleurs, gagner d’autres combats
Rejoindre d’autres pistes
Et toujours : avancer.
Photo : Lumière au pays noir


