samedi 26 mai 2007

Moi non plus.

Je sais ainsi ce qui est de l’ordre du déséquilibre.
Du plus ou du moins. Des moments d’abandons. Des temps si lourds et longs de l’abandon. Des longues plages en creux ou je hais ton rejet. De celles ou tu hais mon rejet. Ton oubli. Mon oubli. Ta présence-absence, ma vacuité. Ta vacuité. Des temps en creux ou je n’existe pas. Ou tu n’existes pas. Ou j’enrage en silence, loin. Ou tu cries tes souffrances. Ou pèse en toi ce vague remords. Juste par lourds instants gris plomb. Ou pèse en moi ce lourd remords. Le poids de m’avoir m’effacée. De t’avoir effacé. Comme une tonne de limaille au creux de l’estomac, en nœuds serrés. Et, malgré ce remords, tu m’effaces quand même. Je t’efface quand même.

Alors, m’en aller. Alors, t’en aller. Si je te quitte tu me veux. Si tu me quittes je te veux.

Vivre ainsi. De creux et de monts. Sur le fil sans cesse. A aimer au plus haut quand tu ne m’aimes pas. A jeter au plus vil lorsque tu m’aimes trop. A chercher sans plus jamais y croire ce si parfait déséquilibre. Ce vertige. Savoir que c'est fini mais tirer encore sur le fil de l'oubli.
Jusqu’à ce que, fatigué, les fibres s’en détachent, une à une. Et qu’il rompe. Enfin. Juste pour me donner raison. Juste pour te donner raison.

4 commentaires:

obni a dit…

Texte poignant.

laouen a dit…

si vous avez raison tous les deux...
le pire, c'est quand l'un coupe le fil de la vie de l'autre.
bouleversant ton texte...

lulu dans sa bulle a dit…

c'est superbe, la gorge serrée aprs ses mots

Elvire a dit…

Laouen : ils ont tort tous les deux, c'est pour ça qu'ils veulent se prouver qu'ils ont raison ;-))

Merci Obni :-)

Dis Lulu dans sa bulle, elle est cachée ou ? (un blog ?)