samedi 30 juin 2007

Quai des désirs perdus.


C’est un ancrage, un passage, un quai sur la Maine reliant les deux rives. L’éveil de la rive droite sous le regard sombre du vieux château de schiste et de calcaire. Au dessus des eaux, le fil d’acier du funambule qui tracera la ligne aérienne de la ville bourgeoise à la ville bohème.

A l’intérieur les fenêtres sur cour surplombent le forum, corps penchés, vies en suspens, éclats de voix. C’est un quai ouvert, théâtre, danse et musiques où l’homme demeure le seul animal qui sait qu’il va mourir un jour…

En bas, dans la grande salle de réception, sous les lustres de cristal noir, c’est le jour de l’inauguration. Paradoxe des lieux. Ministre, présidents, maires et divers hobereaux. Tous, verre à la main, de fendre la foule, main tendue, comme un appendice fané.

Ils s’abordent, à peine se parlent, lissent leurs rancœurs et fourbissent leurs sourires. Loin des arts, loin des émotions, des larmes ou bien des rires, ils jouissent à toute allure de leur attrait social. Remplissent leurs coupes, au propre comme au figuré. Les discours jetés et bus et rebus, oublient jusqu’au premier des mots grandiloquents évoquant le partage nécessaire de la culture dans les quartiers, les sens de la vie, l’avenir des cités.
Ministres et présidents, ce soir ont souvent cité Malraux, je prends donc le relais pour cette soirée :

Autant prendre la Condition humaine comme un reportage sur la Chine …
Jeudi 28 juin, inauguration du quai, Angers.

4 commentaires:

Gabriel a dit…

Bien vu, bien dit! Inaugurations, vernissages... comme j'aimerai avoir le courage d'y foutre une belle pagaille... et pourtant, j'y vais encore, j'y bois un verre (ou plus) en tendant mon "appendice fané" ;-)

Elvire a dit…

Ben, moi pareil ; je dois bien l'avouer !

l'Hydroptère a dit…

C'est dingue comme certaines choses sont universelles. Ça s'est passé de la même manière ici.
Et j'offre un silence à tes mots.

oyez a dit…

alors, tu ne relèves pas le défi ?
private joke