samedi 1 septembre 2007

Point final.

Personne ne m’a jamais abandonnée. Personne. Toi, tu voudrais donc être le premier à me quitter ainsi ? Personne ne m’a jamais quittée. Tu comprendras bien sûr que je ne peux pas te laisser faire ça. Tu n’as juste pas le droit d’être le premier à me laisser tomber. On ne me laisse jamais tomber. Il faut que piges ça. Jamais. T’avais qu’à juste attendre, comme les autres. A la fin, t’aurais fini par me fatiguer aussi. Alors, je t’aurais jeté comme les autres. Au lieu de quoi, tu te figures pouvoir te barrer et me laisser comme une vieille chose à l’abandon. Comme si tu te fichais de moi comme de ta première chemise. Comme si j’existais pas. Comme si j’étais rien. Un truc négligeable, un chiffon gris et poussiéreux. Un rebut. Un déchet. Même pas toxique le déchet. Tu te goures d’adresse, là, mon gars. Je vais pas te laisser filer comme ça. Je suis trop en rogne, en rage, je peux pas le supporter. C’est pas tant que je tienne tellement à toi, tu sais, c’est juste que t’as pas le droit de me nier de la sorte.

Personne ne m’a jamais abandonnée. D’aussi loin que je remonte, personne. Ou bien alors, c’est qu’ils sont morts. C’est juste la mort qui nous a séparés. C’est pas de ma faute.

Alors, voilà : tu dois mourir aussi. Faut que tu me pardonnes, j’ai pas le choix. J’ai juste celui des armes. Je tire, tu meurs, t’es libre. Point final.

6 commentaires:

© Gabriel Arnaud a dit…

Belle novelline (comme tu les appelles)... je me demande si je ne connais pas certaines personnes qui ressemblent à ton héroïne (j'en ai très peur!)

marie.l a dit…

Elvire, ah Elvire que j'aime te lire, combien tu sais le dire ...

Blog-trotter a dit…

Et si c'était pas une "novelline" ?

Elvire a dit…

Gabriel : C'est bien le désordre des choses, mieux que chez hautetfort ... enfin,je trouve...
Marie : Merci ;-))
Trotter : alors, quelqu'un ne serait sans doute plus là pour pouvoir le raconter ...

l'Hydroptère a dit…

Vive la liberté...
Mais celle-là n'a pas l'air d'avoir compris, et c'est très dommage qu'elle ne soit pas la seule.

Shaggoo a dit…

Je n'étais plus venu vous lire depuis longtemps. Comme l'eau passe vite sous votre pont ! Je vais essayé, donc, de rattraper la queue du chat...