C’est comme une politesse de gens désespérés. Une balle qu’on relance sans cesse sur le même mur. Un j’écris pour me taire. Et savoir qu’on est tellement forts qu’on s’accommode du silence, des silences, des mots tus, des non-dits. Jeter les mots sur le papier comme la balle sur ce fichu mur. Un jeu d’enfant.
Mais de l’écho vient tout le trouble. J’écris pour me taire et tu ramasses la balle au bond. Dans mes histoires tu lis ta vie. Tu lis la notre en fait, tellement nos vies sont tissées des mêmes fils. J’entends : toutes nos vie. Nos vies de filles, nos vies de femmes. Tu lies nos vies et c’est ce lien que me renvoient tes mots.
Demain, une autre que toi dans une autre histoire retrouvera ses pas. Voici : j’écris pour me taire, et ce sont d’autres qui parlent. Qui reprennent parole. Ça me fait peur, parfois, ce pouvoir des mots… Ces histoires qui m’échappent, que je lance en l’air comme une bulle légère et qui reviennent de plomb, lestées de vos orages.
Malgré tout, je dévide le fil. Je suis ravie de suivre du bout des doigts tous ses fils qui nous relient. Comme une pensée magique. Comme si, finalement, nous n’étions pas au monde si seuls que cela…
mardi 2 octobre 2007
Echolalie
Inscription à :
Publier les commentaires (Atom)


3 commentaires:
comme si finalemnt nos peurs, nos orages, nos rages et nos terreurs n'étaient que humaines... comme si un reflet acceptable, envisageable, supportable , assumable était possible...
comme si il était possible de penser les maux...
comme si une écoute...là et ici...
une fois qu'elles sont écrites, les histoires partent vivre leur vie et n'ont plus de compte (conte ?) à nous rendre ... et les fils qu'elles rencontrent ne se contentent pas de répéter leurs mots. ils apportent une autre lumière, d'un autre regard...
Pol, Pommereinette : vos fils à toutes deux reflètent bien une autre lumière. C'est vraiment magique ce truc là !
Enregistrer un commentaire