Au coin du feu, tu tires le coussin de sol pour venir t’asseoir là, tout près de moi. C’est que l’hiver menace dehors et que nous avons désormais besoin de regarder les flammes ainsi, longtemps.
Sans un mot et le regard au loin, par delà le visible.
Lorsque le silence enfin nous aura recouverts de son cocon de langueur et que les orangés du foyer tromperont la nuit du dehors, je te dirai quelques mots.
A peine quelques-uns.
De ceux-ci, essentiels qui ne se lâchent que goutte à goutte, presque comme à regret, lentement muris et longuement pesés.
De ceux-ci qui ne naissent que des profonds silences que nous laissons venir sans crainte.
Nous ne sommes pas de ceux qui doivent remplir les vides de mots qui rassurent la surface des choses.
A l’encre noire nous pouvons de nos doigts peindre le ventre du monde. Les traces que nous laissons finissent pourtant par nous rendre légers. Papillons éphémères sur la branche de saule.
Ce qui reste de nous, après le passage du vent …
Sans un mot et le regard au loin, par delà le visible.
Lorsque le silence enfin nous aura recouverts de son cocon de langueur et que les orangés du foyer tromperont la nuit du dehors, je te dirai quelques mots.
A peine quelques-uns.
De ceux-ci, essentiels qui ne se lâchent que goutte à goutte, presque comme à regret, lentement muris et longuement pesés.
De ceux-ci qui ne naissent que des profonds silences que nous laissons venir sans crainte.
Nous ne sommes pas de ceux qui doivent remplir les vides de mots qui rassurent la surface des choses.
A l’encre noire nous pouvons de nos doigts peindre le ventre du monde. Les traces que nous laissons finissent pourtant par nous rendre légers. Papillons éphémères sur la branche de saule.
Ce qui reste de nous, après le passage du vent …
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Illustration : Fabienne Verdier.



9 commentaires:
où l'on parle encore de vent mais combien est-il plus doux celui là. J'ai toujours autant froid, et les flocons continuent à virevolter, pourtant ils ne se posent pas, où vont-ils donc ?
Pas chez moi, Marie, pas chez moi. Avant m�me d'atteindre l'Ouest, les flocons disparaissent ... ils me manquent. Il faudrait qu'un grand vent, d'Est en Ouest, les porte jusqu'ici, et je les garderais longtemps dans mes yeux grands ouverts, dans mes narines, dans mes cheveux, sur la laine de mon manteau... Je ne sais m�me plus � quoi �a ressemble la neige qui tombe...
J'ai lu ton texte avec attention. C'est surprenant de simplicité, mais aussi du poids des mots employés.
J'ai beaucoup apprécié. Merci.
"... seules les traces font rêver" R.C.
alors vous connaissez l'unique trait de pinceau...
Très belle et émouvante complicité. Pouvoir se taire, et partager les silences est en effet une des plus belles chose qui soit, mais tellement rare.
Quelle bonheur d'avoir un tel complice.
"Nous ne sommes pas de ceux qui doivent remplir les vides de mots qui rassurent la surface des choses."
C'est tellement vrai et si bien dit. Tout ces gens qui causent pour rien de peur que le silence les engloutissent...
Lo : merci du passage et de la lecture...
Gabriel : je ne connaissais pas la citation mais, je l'adopte : seules, les traces ...
Pol : Oui, il faudrait que je vous raconte... c'était un soir d'hiver, l'hiver d'avant, un an déjà, et je marchais rue Lepneveu, tout près du Pilori quand, dans la vitrine de cette petite librairie toute en longueur et que j'aime tant ...
Blue jam : Merci. je comprends que le silence puisse faire tellement peur, les complices, on en trouve peu... peut-être parce qu'on préfère autre chose, du bruit, de la fureur et de l'ivresse...La peur ce que ça vous fait faire ...
fabienne verdier 3 années de beaux-arts pour 5 et une grandiose ou non loin très loin à apprendre ...
Un très long voyage tu veux dire ? plus long qu'au long des berges de la Garonne ? il faut bien un point de départ, je suppose ...
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