Tu files et tu t’échappes. Aux matins froids les mains glacées. Doigts gourds. A délier contre la peau douce et chaude de tes épaules. Dos tourné. L’aube ce matin ne daigne pas blanchir. Avec elle, viendront les heures de givre. Les heures mordantes des petits matins d’hiver tristes ou reprendre la route, le collier, les chaînes et les rengaines.
Je cherche dans la nuit sourde de mes mains tes épaules à contre-courant. Je cherche dans le vide. J’oublie chaque nuit que je suis seul, là, enfermé. Chaque nuit je m’évade. Chaque matin, ils m’emprisonnent de nouveau. Je voudrais retrouver mes chaînes d’antan. Ma routine, mes petits matins blêmes et ma tête dans le coltard des lendemains de murge.
Routine.
Je suis parti pour de longs mois et cette rengaine lancine encore. Je t’ai laissée là-bas, au chaud dans notre chambre d’avant. Sous la couette réfugiée. Peut-être ce matin d’autres mains cherchent-elles la peau douce et chaude de tes épaules. Tu n’auras pas le dos tourné. Dans l’aube naissante, tu lui souris tendrement. Tu tends la main vers son visage et tu souris doucement.
Ces images me trouent.
Me clouent.
C’est ainsi que, chaque matin, tu finis par me réveiller pour de bon, comme avant.
C’est ainsi que, chaque matin, tu me rends les murs de ma prison de béton pour de bon.
Dans un mois, je sors.
C’est pas la peine de me mentir, je sais que tu ne m’attends plus.
mercredi 7 novembre 2007
Lettre à la jeune fille du dehors.
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7 commentaires:
p... de vie ! pardon pour cet excès, mais je sais bien que c'est vrai, et pour tant de choses ...
A tatons dans le noir, on cherche encore pourtant un morceau de lumière... c'est déjà ça, chercher encore.
Hallo elvire, comment va ? De passage ici, je t'invite à revenir voir mon blog plus "Poétique" que l'autre qui n'est plus cachottier... J'étudie la photographie aussi. Bonjour à la douceur en toi et autour de toi et bien des choses aussi à jean-pol si par hasard...
Très bon texte. L'idée que l'on apprécie ce que l'on possède seulement le jour où on en est privé est très bien rendue et rend ce texte émouvant.
"Je voudrais retrouver mes chaînes d’antan.", c'est beau !
Joye : heureuse de te retrouver! je viendrais te lire dès que je trouve un peu de temps : trop de boulot en ce moment et mon blog désespère...
Blue jam : j'irai aussi chez vous ce que je viens d'y entr'apercevoir rapidement m'y attire ... mais le temps ...
Je vais le dire tout net. Oui c'est très peu 10% du prix d'un livre pour l'auteur de ce livre. Oui c'est terrible la crise du livre... Mais franchement, ce n'est qu'un bel événement que cette crise. En tant qu'écrivain, je ne piste pas les pensées cantonnées à la rémunération des auteurs, leur statut précaire, leurs besoins permanents en matière de reconnaissance.
Tout ça me fait penser aux ultimes soubresauts grévistes de ces fonctionnaires désireux de conserver, ce qu'ils appellent, des avantages acquis. Un écrivain n'a pas à militer, ou à exiger de la "communauté nationale", des subsides, des avantages sociaux... Il doit écrire l'écrivain et cesser de se comporter avec cette façon toute prétentieuse de celui qui s'imagine faire de la noblesse.
Suite là: http://andy-verol.blogg.org
Andy : déjà, rien que de se dire "écrivain" c'est trop loin trop haut pour moi alors, les 10% ... je reviendrai lire chez vous cependant, et merci de votre passage!
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