mardi 4 décembre 2007

Va savoir, Gabriel ...


Je te disais ça, Gabriel : « va savoir »… j’essayais peut-être vainement de faire partager mes incertitudes. Mes doutes. Et puis, est venue cette idée là que mes incertitudes et mes doutes n’étaient peut-être que tentative désespérée. Comme, tu sais, dans les manèges, ces ballons suspendus qui font le tour gagnant si jamais tu parviens à les décrocher. A la fin, c’est toujours la petite fille blonde du devant qui décroche le pompon. Toi, tu veux encore croire que c’est le hasard. Seulement, au fond de toi, tu sais trop bien que c’est autre chose. Une blondeur. Un sourire. N’empêche. Les ballons et les pompons, tu tentes encore parfois de les attraper. Pourtant, le geste… Tu sens bien chaque fois que ta main va moins haut. Tu ne sais plus vraiment si tu essaies encore ou si tu fais semblant. En fait, si. Tu le sais. Tu ne le sais que trop bien. Et ta main va moins haut. De moins en moins haut et de moins en moins convainquant, convaincu. A la fin, tu fais semblant d’y croire. C’est peut-être moins douloureux que de savoir qu’il n’est pas pour toi, le tour gratuit. C’est aussi moins courageux. Au jeu des boites vides, que mets-tu au final dans celle des certitudes ?
Il tourne le manège, il tourne toujours. J’entends sa musique comme le crincrin ritournelle des petites boites à ressort. Dents crénelées sur roues dentées. Jusqu’à la fin du voyage. Le moment ou la main sur la manivelle…

5 commentaires:

marie.l a dit…

ritournelle et femme de plus en plus lente, je crois comprendre, je pense savoir un peu, j'espère pourtant ne pas flancher avant que la musique ne se taise complètement ...

© Gabriel Arnaud a dit…

Troublé
ému

A-none a dit…

Touchée également, difficile de descendre de ce manège qui tourne sans fin en rond...

pol a dit…

Elvire... je ne sais pas...parfois.

elvire a dit…

Ben, je ne sais pas non plus ...