samedi 31 mars 2007

La pointe


Je voulais t’emmener là-bas. Où la Maine tout soudain, renonce à ses prétentions. Rivière elle demeure, et c’est ici qu’elle se perd. En longues vagues douces dans les eaux de la Loire.

Je voulais te voir marcher sur ces berges en contrebas, à la Pointe, à Bouchemaine. Nous aurions laissé sur notre gauche le pont suspendu et les dernières maisons de tuffeau du bourg. Là-bas, le fleuve est large et lent et semble si doux. De longues bandes de terres déchirent les eaux, tentent d’attraper l’autre rive, n’y parviennent pas, s’échouent. S’échouent comme en hiver les barques à fond plat sur le rivage. A la fin, les sables dessinent des lônes, des eaux dormantes, grises et trop douces. Si tu fermes les yeux, est-ce que tu vois le fleuve ?

Je voulais apercevoir de loin ta silhouette de vieil homme, de dos, s’éloigner sur ce chemin de terre. Sous les gloriettes des maisons bourgeoises, cheminer. Et c’est bien là que tu t’éloignes si je ferme les yeux.

Clin d'oeil à Pol ...

vendredi 30 mars 2007

Grêle.

Et c’est sans cesse l’hiver qui revient. Les portes qui claquent. Les écharpes nouées et les gorges pas mieux.
Et c’est encore mars. Les averses de grêle. Les manteaux resserrés qu’on pensait remisés.
De mars à mars pas mieux. Juste une année qui file sous les mêmes nuages, les mêmes paysages et les mêmes rengaines.
Grêle ce jour, grève le jour d’avant. Sur la grève échouer. Je sais, c’est trop facile. Un jeu de mots d’enfant qui sonne et puis c’est tout.
N’empêche.

jeudi 29 mars 2007

Cousu main.

J’ai presque une heure d’avance.
Juste le temps de me réciter une dernière fois ce qui fit le cours de ma vie : quartiers, languette, claque et baguette, glissoirs et contreforts ….
Je tiens entre mes doigts repliés cette photo que je laisserai sur son bureau .
Vingt ans que je bosse dans cette boutique. Vingt ans de ma vie à vendre des chaussures.
Du grand luxe, du cousu main, du haut de gamme, messieurs dames !
Aujourd’hui, j’ai presque une heure d’avance et c’est la vie qui me rattrape.
Elles sont devenues ringardes nos chaussures, elles ont pris du retard sur le temps.
Et moi avec.
Un matin, ils ont parlé de moi comme d’un senior. Senior, c’était le début de la fin.
Comme les clients se faisaient rares, trois vendeurs à chaque pied, ça en devenait presque risible.
Sauf que j’ai fais ma vie dans la chaussure.
Qu’importe mon costume, ma tête d’homme sérieux et mes allures rassurantes, sans mes chaussures, je suis un homme bien nu…
Alors voilà, j’ai reçu ma convocation pour l’entretien préalable dans les délais légaux.
Juste le temps d’aligner sur le sable tous les richelieux qu’il me restait en fond de stock. Il pourra le vérifier : l’alignement est parfait, tout comme l’était la conception sans faille de ce modèle à la fois simple et cependant très chic.
Au centre de cette architecture, je me suis mis à nu. J’ai quitté mes bottillons. Sans mes chaussures, et même avec ma belle allure, mon manteau sombre et mes belles manières, je ne suis plus grand-chose.
Voilà, j’ai presque une heure d’avance. Dans deux heures désormais, je serai un soi-disant homme libre… Je laisserai ma photo sur son bureau, et je m’en irai.
Seul.
Autrefois, les esclaves seuls marchaient nu-pieds.
Je ne suis même plus un esclave. Juste un vieil homme. Trop vieux pour le boulot.

Pour paroles plurielles consigne 43.

mardi 27 mars 2007

Des boites sans fond.

Je résonne à vide. J’ai plus de retour, j’ai trop d’écho. Les murs se renvoient les mots qui heurtent mon crâne au milieu du trajet.
Je remplis des lignes comme d’autres enfilent les rangs de tricot. Cette écharpe grisâtre qui s’allonge sans cesse finira par faire le tour de la terre.
Je vois bien que je vous fais peur. Que la laine rêche ne sied pas à votre peau si tendre. J’entends votre indifférence et votre silence comme un cri permanent qui fracasse mes jours.

Cependant, le soleil s’est levé. Vous voudriez sans doute que je vous raconte les libellules irisées flirtant avec la surface vive de l’eau, et cette petite fille de trois ans, noyée dans un chant de jonquilles, à en dévorer les corolles.
Que je babille et que je pépie. Que je vous dise comme le soleil était rosé sur Nantes ce matin et léger le vol des oiseaux…

Mais la fatigue l’emporte, et ma tête, lourde, s’enfonce. J’ai pas choisi mon camp :
Ouvrir des boites à questions comme d'autres les carambars ... des boites sans fond.
Fermer les yeux. Mes mains seules sauront bien enchaîner les rangs

lundi 26 mars 2007

le jour du poisson

C’était en avril, en effet. Ventre à l’air, il flottait. Ce jour de 1986, au long de cet affluent du Dnieppr, le poisson était sur le dos.
Ils étaient ainsi quelques millions, poissons crevés, ventre à l’air à pourrir dans l’air vicié.

Poisson d’avril ont dit les autorités.

Boum.

Deux mille tonnes de dalle de béton projetées dans les airs et des flammes bleutées jaillissant du cratère.

Terre de mars, terre lunaire, terres mortes.
Un nuage et des poussières, un petit voyage en enfer. Un sarcophage phosphorescent, la fin des temps là-bas, si loin de nous, quelle importance ?

Un poisson sur le dos, voilà, c’est tout, il n’y a rien d’autre à en dire, pas vrai ?

Pour les impromptus littéraires, thème : le poisson était sur le dos.

samedi 24 mars 2007

Je vous ai tant aimé.

Il faut que je vous dise… j’ai menti !
Bien sûr que je vous ai menti.
Je vous ai raconté mes eaux vertes et mon tendre refuge. Mes soleils et mes printemps. Ma voix s’est faite musique et ma chevelure feu. Vous vous êtes perdu dans l’or profond de mon regard. Et vous m’avez suivie, happé, hypnotisé, comme dépossédé de vous.
Et, si je ne vous avais pas menti ainsi, vous ne seriez jamais venu auprès de moi. Je sais depuis trop longtemps la peur que les hommes ont de moi.

Vous n’auriez pas du vouloir ainsi me poursuivre.
Je vous avais pourtant prévenu.

Un soir, au marais, j’ai senti votre présence, cachée sous les branches basses.
Alors, vous avez connu mon territoire. Le vert de mes eaux, vous l’avez découvert glauque et marécageux, dormant sous des strates planantes de lentilles d’eaux.

Au bord du marais, j’avais déposé mon escarboucle, bien protégée sous la mousse de la rive. C’était cette heure entre chien et loup et j’avais retrouvé mon corps de serpent et mes ailes de feu.

Vous avez posé la main sur mon rubis, tétanisé et suant l’horreur.

Je vous avais pourtant demandé de ne pas entrer plus avant dans ma vie, dans mon marais, dans mon jardin secret.

Je vous aimais, mais je suis une vouivre des marais. Je n’avais plus d’autre choix. Votre chair était tendre et gouteuse. J’ai jeté vos os au plus profond des marécages. Je vous ai tant aimé…

Pour paroles plurielles, consigne 42.

jeudi 22 mars 2007

T'en vas pas

Sur le fil électrique, rose et pale, une tourterelle. Incongrue dans le froid revenu, j’ai pensé une perruche, un canari, un oiseau des iles isolé dans les terres, seul, sur son fil, à balancer, balancer dans le gris étalé.

Au sommet d’un tronc tordu, des branches griffues, un busard ramassé, compact et brun, la tête enfoncé dans les plumes, masse sombre et compacte, seul, sur son arbre, à dodeliner, dodeliner dans le plomb tartiné.

L’un ici, l’autre là-bas.

Sur ma main gauche, la main sinistre, une poussée d’eczéma, sous les mèches qui recouvrent mon cou, une poussée d’acné, et ma peau de serpent qui repousse encore et encore, cette peau d’éléphant qui recouvre mon cœur, tu sais …

Là-bas, je ne sais plus. T’as fini par tourner le dos.

Les plumes rosées, les plumes brunes, l’un sur un fil, l’autre sur une branche.

Il fait si froid pour un printemps, il fait si froid, ici, il fait si froid, là-bas…

lundi 19 mars 2007

Autrement

Dépassé, le temps de la peine
La graisse sous les ongles
Et les années de haine.

Col Blanc, tu échappes à la chaîne,
Et ce ne sont pas les souvenirs des anciens qui t’enchaînent.

Des années sur les bancs de l’école du lycée de la fac avancer et s’instruire, surtout, tomber les bleus, ne pas marcher dans les pas de ton père.

Dépasser le temps de la peine
La graisse sous les ongles
Et les années de haine.

Les usines à la fin, tu les fermes.
Liquider.
Reclasser.
Des papiers jaunis
Des machines rouillées
Construire le tourisme industriel et le musée de la mine ouvrir des centres commerciaux et des grandes surfaces de vente sur des terres en friche

Et ce ne sont pas les souvenirs des anciens qui t’enchaînent.

Un jour pourtant, à la mort de ton vieux
Cette photo surgie du tréfonds d’une boite
Les manifs de 36 et lui au premier rang.

Alors, il est revenu, le temps de la peine
La graisse sous les ongles
Et les années de haine.

T’as mal choisi tes chaînes.

Pour les impromptus littéraires, thème : les chaînes du passé.

vendredi 16 mars 2007

... de failles ...

J’ai plié mon bouquin. Je ne sais plus trop ce qu’il y avait dedans. Des mots. Des histoires de racines et de failles. Toujours les mêmes mots et les mêmes histoires.
A rebours, à revers,
Il faudrait reprendre le fil
A l’envers, à l’endroit
Maille à maille détricoté débobiné dévidé
A la fin du bouquin, il ne me reste plus rien
De vagues impressions
A peine une couleur
Pas même grise, trop d’aquarelle.

J’ai plié mon temps. Je ne sais plus trop ce qu’il y avait dedans. Des paroles. Des histoires de boulots et de fric. Toujours les mêmes topos et les mêmes négos.
A débours, à dévers
Il faudrait reprendre le fil
A l’avant à l’après
Pas à pas démonté débité décalé
De vagues sensations
A peine un son
Pas même un bourdon, trop de sourdine.

Laisse tomber, va.

mardi 13 mars 2007

Lavartus prodeo

Je viens de loin,
De bien plus loin qu’on pourrait croire.
De femmes par milliers
Et de ventres mêlés
De nœuds et d’entrelacs
De ressacs, de marées sauvages
Et d’équinoxes

Je sais bien plus
Que je ne saurais savoir
Je porte en moi mes morts
Mes croix, mes bannières
Fardeaux étincelants
Fanaux
Falaise des naufragées

Et dans la nuit encore profonde
Tu t’éloignes bien plus surement que je ne l’aurais pensé
Des mèches feu
Des rires clairs
Ma fille,
Tu viens de si loin
De bien plus loin qu’on pourrait croire …

lundi 12 mars 2007

Quasimodo des Batignolles

Deux yeux verts me regardaient. Tu fantasmes mon vieux, c’est pas toi qu’elle regarde ! Je me pense ça aussitôt in petto et en moi-même … Elle te regarde pas, elle regarde juste vers toi !
C’est sur, qu'elle me regarde pas vraiment, elle me passe au travers, cette fille, elle m’ignore comme paroi de verre, quantité négligeable, petit rien du tout, vers de terre, vermisseau, elle pense que mon père, il était vitrier !
J’ai l’habitude, de toutes façons, c’est toujours comme ça qu’elles me regardent, les filles !
Mais ce regard, pétard, mais ce regard ! Ce vert, bon sang, ce vert ! C’est ça : menthe à l’eau (je me marre tout seul) …
Enfin, voilà, c’est comme ça que l’idée m’est venue.

Je me suis levé, et j’ai traversé d’une traite, tête baissée, la salle enfumée et bruyante jusqu’au vieux juke-box.
Ça m’a quand même coûté cent balles, ma connerie du jour … J’ai pourtant pas trop de tunes, mais, j’aurais tellement aimé que ce regard là cesse de me traverser … Qu’il se pose sur moi, étonné et ravi, charmé et troublé …
Trop con le mec, pour qui je me prends, des fois ?
Enfin, voilà, j’ai foutu mes cent balles dans la machine et j’ai appuyé sur la touche.
T’as deviné, pas vrai ? « Les yeux menthe à l’eau, Eddy Mitchell »…Risible c’était. Le crooner qui braillait dans le vieux café puant du quartier « elle n’en a jamais rien su, et moi, j’étais de trop » … tra la lère … moi j’étais de trop !
Et moi, comme un couillon, je me retourne vers elle avec un grand sourire niais …
Ces yeux, quand même, c’était quelque chose ! Non, pas menthe à l’eau, vu de près, plutôt mats et secs, vers le kaki, tu vois, deux olives vertes, tiens !
La fille a levé la tête vers moi, elle m’a bien repéré, ce coup là !
Elle a tiré lentement sur sa clope, a affiché un petit sourire narquois et m’a regardé droit dans les yeux.
Et puis, elle m’a dit :
-« pauv’naze, va ! »
Et voilà, c’était tout ! Je suis retourné m’asseoir. J’avais perdu cent balles et une belle occasion de rester assis sans broncher à rêver de ses yeux verts…

Pour les impromptus littéraires

samedi 10 mars 2007

Jaune

… et bleu soleil.

Bois nus et jaune victorieux.
A peine les mimosas songent-ils à cesser leur carnaval,
A peine oubliées les gouttes fragiles du jasmin d’hiver :
Forsythias à pleine brassées,
Jonquilles et barabans, primevère officinale des prés humides,
Tussilages des torrents, coucou des bois.

Jaune victorieux
Paysages éclaboussés
Tâches primaires

A peine, de blanc, les premières fleurs, timides, des prunus sauvages.

Et puis, de l’eau, de l’eau et des débords, des marais et des ruisseaux nouveaux nés, des fossés à ras-bord, des prés inondés, des parcs devenus mares, des mares étangs…

… et la lumière, en plein visage, les yeux plissés, et les tâches de rousseur sur les peaux trop pâles des enfants de l’hiver.

mercredi 7 mars 2007

S'asseoir.

Monter la tente assis on reste
A ras
Sur le trottoir
Couler le temps
Ne pas jauger
Gouter l’attente action zéro
Baisser les bras
Tout en suspend
Latence, passions niées :
Des embarras
La tentation de Sarah
S’asseoir comme ça
Et renoncer.
C’est ça :
Renoncer.


Peinture de Benoit Colsenet

Pour les impromptus littéraires : "la tentation de Sarah"

mardi 6 mars 2007

A l'ouest (bocager)

A quelques encablures de roues c’est déjà la Loire-Atlantique. Des bocages et des marais, des routes inondées, des ruisseaux bruns et des bois sombres. Pas même d’océan : trop au fond de ce pays ou les patelins terminent en « etz » .
Au flanc des coteaux s’agrippent les grands genêts fades des terres océaniques.
Sans cesse, il pleut.
Sans cesse, le vent torture les profondes forêts.
Les maisons resserrées, de granit et d’ardoises referment leurs secrets.

Au matin je chasse à grand peine cette immense certitude glaciale qui chaque jour me réveille.
Le petit jour gris pâle gomme peu à peu jusqu’au moindre souvenir de mes idées de plomb.

Si mes nuits sont faites de cette certitude, je ne dormirai plus. Si je porte sans cesse mes premières idées du matin, je n’irais pas plus loin.

J’oublie dans les eaux brunes du jour qui file les évidences de la nuit sombre.

Toutes ces choses que je sais et que je ne dois pas savoir.

Chaque fois, un nouveau jour se lève, et, dès tôt le matin, je ne sais plus rien de cette certitude terrée dans chacune de mes nuits.
Au fil des ruisseaux sales et des eaux furieuses, ce que je sais s’enfuit, se délite et se fond.
C’est ainsi que chaque nouveau jour, comme un espoir, construit sa somme de doute et de possibles.

Je garde entre les mains une coquille de noix vide
L’amertume d’une amande d’abricot
La tendresse des colchiques, hellébores et digitales :
Ce que je sais savoir sans savoir m’en souvenir…

lundi 5 mars 2007

Maman est morte.

Ça fait huit jours exactement que maman est morte.

Vous êtes ici sur l’ile d’Houat, ça fait huit jours exactement que je n’ai pas écrit un seul mot. Le bleu des volets, c’est à grande couches rapides de peinture à bateaux que maman l’étalait chaque printemps. C’est que l’air salin, ça vous use le bois jusqu’à la corde. Et les tempêtes d’hiver, ça vous arracherait jusqu’à l’âme.

Vous êtes ici sur l’ile d’Houat et c’est là que maman vivait. Elle ne repeindra plus jamais les volets . C’est dans la petite remise attenante qu’on l’a retrouvée : voyez, c’est cette large et basse porte à votre gauche.

Moi, j’ai dit aux flics que j’écrivais, comme toujours et que j’avais rien vu rien entendu.

Depuis longtemps, je faisais semblant d’écrire, parce que maman pensait que j’avais vraiment du talent, autant de talent que mon père, et même plus. Et je ne voulais pas qu’elle me pose encore des questions. Ni qu’elle me parle sans cesse du vieux fou.

Des jours et des nuits passés à noircir des pages pour qu’elle me fiche la paix. De sa petite chambre au rez-de-chaussée, elle entendait le cliquetis des touches, et alors, seulement, elle me laissait en paix.

Des années passées à taper les mêmes mots sur des milliers de feuilles.

« je veux qu’elle me fiche la paix, la vieille, je veux qu’elle me fiche la paix. Je veux qu’elle me fiche la paix, la vieille, je veux qu’elle me fiche la paix. Je veux qu’elle me fiche la paix, la vieille, je veux qu’elle me fiche la paix … »

Ainsi pendant des pages et pages comme une litanie et sans un seul copier-coller. Chaque mot, chaque lettre tapée une par une pour qu’elle me laisse en paix sur mon ile derrière nos volets bleus.

Au village, elle disait à tous que son fils était un grand écrivain, que c’est pour ça que j’étais pas causant.

Au village, ils ont toujours eu peur de moi et de mes manières sombres. Alors, j’ai fini par ne plus sortir. Et puis, comme ça, maman ne pouvait rien savoir de ce que j’écrivais : toujours, derrière mon écran, je tapais.

Seulement, y a huit jours, je sais pas ce qui lui a pris. Elle a dit que la Jeanine avait cherché sur Google et que j'avais jamais rien écrit du tout. Elle a voulu voir mes mots. J’avais pas le choix. Fallait vraiment qu’elle me foute la paix, la vieille. Je l’ai trainée jusque dans la remise. Sur le ciment, sa tête a fait « poc ». C’est tout.

Ça fait huit jours que je n’ai plus besoin de faire semblant d’écrire.


(Pour paroles plurielles)

dimanche 4 mars 2007

Codd bottles & codéine

Tu bailles sur e-bay
T’enchéris tu collectionnes
T’accumules
Acculé
Les tessons bleus polis par la mer
Ça s’achète et ça se vend
Les bouteilles collector
Codd bottles et codéine
T’addictionnes
Alcool fort Bombay saphire et nicotine
Tu t’empifres tu te remplis
A ras bord au goulot
T’achètes tu consommes tu projettes
Des maisons des rideaux des objets
A la fin tu bailles sur e-bay
Ça t’évite toujours de penser.