C’est ma lenteur le problème, ils finissent tous par me virer. Même en entreprise adaptée. Ils le savent pourtant que je suis lente. C’est seulement vendredi que je vois le psychiatre et puis de toute façon, en quarante cinq minutes, j’ai le temps de rien. Je fais quoi, moi, d’ici vendredi ? Je me suicide tout de suite ?Ce serait une jolie façon de disparaître. Ainsi, sans laisser d’adresse. Sans un signe de trop. En vous disant simplement ce soir au-revoir comme si je revenais demain. Comme chaque matin. Et demain, ne pas revenir.
Ce serait une si belle révérence. Une dernière pirouette. Un dernier pied de nez. Pirouette cacahuète.
Ensuite, vous chuchoteriez. En messes basses, en catimini.
Elle va revenir, elle reviendra.
Et je ne reviendrais pas.
Alors, viendrait le temps des questions. Tu sais, toi ? Dis, forcément tu le sais.
Il ne le saurait pas.
Mais le soupçon. Quelqu’un quelque part doit bien savoir ? Alors, remuer ciel et terre. Ne pas vouloir voir qu’il pleut sur le paradis. Que les lumières sont éteintes. Et les fleurs fanées.
Sauf le plastique.
Et puis, viendra le temps du remords, du regret.
Mais, je ne partirai pas. Parce que je manque de courage et de certitude. Parce que, je ne serai pas là pour vous voir pleurer. Parce que si ça trouve, vous ne pleureriez pas.
Parce que c’est sur, vous ne pleurerez pas.
Qu’il ne restera rien de moi.
Demain,8 heures, je pointe. Ne tirez pas. Je suis toute petite. Je voulais juste vous parler un peu…














