Il rêve d’écrire la peau mais ses pages restent blanches. C’est qu’elle ne protège pas vraiment, cette peau qui vieillit, se lézarde et craquèle à chaque fraction de temps. Se plisse et se ride et au soleil, se parsème de tâches qui disent les années passées. C’est qu’elle se fend l’hiver en crevasses intimes, éclate comme trop tendue, s’épaissit comme peau de serpent, se fissure comme millefeuille de pelures trop fragiles, se détache en lambeaux blanchâtres lorsqu’elle se dessèche, se parsème de bulles aqueuses ou de plaques rouges qui démangent terriblement, se gaufre de phlyctène à la moindre brulure, se couvre de pustules, de boutons, de points noirs … Elle ne sait rien cacher de nous, cette peau qu’il ne sait plus écrire.
Elle utilise le « vous » pour mieux dire l’intime. Enfin, comme pour y croire encore. Comme si le "vous" dévoilait l’intime en semblant le cacher. Comme pour se raconter encore une si belle histoire. Une histoire avec un début et une fin peut-être…Peut-être pas de fin. Elle donne tout ça pour lui. Tout son temps tous ses mots. Tout ce qu’elle oublie d’elle-même pour mieux qu’il goute sa peau.
Il utilise le « vous » pour garder sa distance. Il y a bien assez déjà de devoir mettre sa peau à nu. Il ne va pas risquer de rentrer plus avant dans la vie dont elle rêve…
Elle rêve. Rêver, c’est déjà çà…
Il, non, il ne rêve plus. D’ailleurs, il doit s’en aller, maintenant.
Que voulez vous que ça écrive, comme histoire, ce collage bancal ?
vendredi 18 janvier 2008
Il, elle.
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9 commentaires:
Je ne comprends pas. Mais c'est peut-être pas si grave...
j'ai bien une idée ... mais à quoi bon
L'hydroptère : non, ce n'est pas grave, du moins, je l'espère. je crois bien que ça n'a pas de sens en effet. Un collage bancal, quoi!
Fabrice : je connais ton idée. Forcément, j'ai bien pensé que ça pourrait s'interpréter comme ça. Mais, ben non. ça vient d'ailleurs, une idée soufflée chez une soeur obscure par un ami qui avait envie d'écrire la peau...
Caprice de fille. Ne pleure pas. Il y en a pour toutes les filles et tu peux le trouver chez Fifi Chachnil !!! Vilaine.
Moi, ce texte m'a fait regarder ma peau sur laquelle fleurissent des "fleurs de cimetière" (comme dit ma mère)
bancal ? l'histoire peu-être, et encore je n'en suis pas sûre ! la peau est si bien décrite ! je la connais :)
"Elle utilise le "vous" pour mieux dire l'intime." Très juste. Je vais conserver cette phrase sous ma peau tandis que celle-ci continue inlassablement d'écrire les marques du temps qui passe. (Merci Elvire ;)
et même si je ne saurais aussi bien le faire, je ne pouvais faire à moins.
Malhaut : je n'ai pas trouvé, chez Fifi, dommage, j'aurais bien aimé des trucs de fille ...
Gabriel : on dit ça aussi chez moi des fleurs de cimetière et j'aime cette expression.
Marie : Oui, tu la connais ? c'est bien, j'en suis contente ;-)
Trotter : oh, merci à vous ;-)
Oyez : oui, c'est même mieux que ça : ta peau fait sens, elle parle de mémoire et de douceur...
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