lundi 4 février 2008

Une femme, n'importe laquelle.

Ça fait sur la peau comme un soleil blanc et froid. Un de ces soleils de février blême à l’entredeux de nuages déchiquetés comme boules de coton filasse. Un soleil Canada Dry dont il faudrait bien savoir se contenter.
Sa peau sur ma peau, ça fait comme un soleil froid. Une tromperie. Un ersatz.
Une femme, n’importe laquelle. La mienne, cependant.

Ça fait sur la peau comme un soleil blanc et froid. Un sentiment d’abandon. Comme on se réveille un matin en se disant qu’on est une femme, n’importe laquelle. Qu’on tient encore un rôle, celui de remplir, probablement.

C’est que nos mères se sont si bien occupées de nous. Devançant nos désirs, construisant nos futurs. Comme pour se faire pardonner de n’être qu’une femme, n’importe laquelle. Faire face à une maison vide, à une chambre vide ? Autant pianoter sur le net, rayon mystic pour trouver la suivante. Une femme, n’importe laquelle. Qui tienne encore la vie qui reste.

C’est que nos mères nous ont menti. Elles n’ont pas su dire la vieillesse qui enfonce . Les errances des vieux garçons qui toujours cherchent leurs mères. Inconditionnelles. Eperdues...
Et perdues.

Ça fait sur la peau comme un soleil blanc et froid. C’est que la peau, épaissie, ne sent plus la chaleur. Qu’il faut d’urgence, contre un mur blanc, coller son dos, fermer les yeux, retrouver le soleil, seule.

La vie en pente douce.
Les océans de vide.

5 commentaires:

Anonyme a dit…

N'aurait-elle pas juste continué à faire semblant d'y croire, fantôme errant en son royaume, se rêvant adorée, tout juste tolérée en sa cité, pauvre objet de désolation ? J'aurais mille fois préféré porter ce fardeau et la voir heureuse.

joye a dit…

Une peau sur une peau, il ne doit y avoir rien de plus beau.

Désolée que ce ne soit pas le cas pour ton "persona" (la voix qui raconte ce poème).

Elvire a dit…

Joye : oui, un qui n'a pas de chance, mais je n'en suis pas désolée et puis, il est raté ce texte ... il devrait y avoir deux persona dans ce texte et on ne le comprend pas à la lecture ... bref, pas bon.

Anonyme a dit…

Ano restera nyme et imperturbable. Ce texte est très bon.

christine a dit…

ce texte nous parle : j'en aime ces imperfections, sa sonorité et son grand mystère