J’ai mis bout à bout des lambeaux de texte. Des mots brisés comme les instants. Entre les lignes on devine à peine les couleurs. Passé pastel.Il y a tous ces gestes en retenue, ces éclats de rires qui font des points d’exclamation et surtout ces demi-sourires qui laissent des points de suspension.
Ouvrir la parenthèse. Laisser le vent souffler et les paroles se faire bulles de savon. Les mots un à un, lentement se détacher. Perdre du poids. Disparaître.
Entre chaque mot, les points de suspension. Le temps. Le temps file en lente déchirure. Dans la tête le bruit du tissu qu’on déchire. Les franges. Laisser ça dans la marge.
Marge de gauche. La marge où tombe le feutre rouge. Le correcteur. Les corrections.
Fermer la parenthèse.
Mettre un point sur chaque « i », un point en forme de rond qui fait encore comme une bulle…
Voilà, point final.
A l’effaceur d’encre violette, fleurs surannées, gommer les bulles.
3 commentaires:
Permets-moi de venir te lire, lire ces mots que tu jettes à la mer et qui s'enracinent au fond de l'océan de tes textes. S'il ne reste que ces écueils là laisse moi venir y précipiter ma pensée si fragile.
Volontiers, Muse ! les océans sont vastes ;-)
Ce point ne peut être final... les mots ne vivent pas, seuls ce ne sont que des signes idiots, tu les charges d'émotion peut être même sans le vouloir... la mémoire prends des photos, sans qu'on sache...et le sépia n'envahit jamais le cliché, c'est tout juste s'il se contraste
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