mardi 3 juin 2008

(Sur l'onde calme et noire)

Depuis, on l’appelle « l’enfant du lac ». Il a pour visage éternel celui d’un gosse de huit ans, comateux, intubé, électrodes sur la poitrine.

Ils disent qu’il est rentré chez son grand-père désormais.

J’ai dans l’idée qu’il flotte encore.
(Sur l’onde calme et noire où dorment les étoiles)

Il s’appelle Antoine mais on le montre ainsi : « l’enfant du lac ».

Il plane sur les eaux du lac comme le poids d’une tragédie. Sur les épaules d’un enfant une charge trop lourde. Le regard des passants et les murmures alentour. La terre est bien petite à nos fenêtres ouvertes. Où se cacher alors, et quel oubli chercher ?

Il est des milliers de pavillons bas, de murs blancs, de volets chaulés et de tuiles rosées, bordés de brassées d’hortensias, entourés de pivoines odorantes, plantés de balançoires et de bacs à sable, ou traînent encore au milieu des allées des tricycles bleus vifs ; il est des milliers de maison du bonheur derrière les murs desquelles pleuvent les coups de la honte, grandissent les enfants du lac, les enfants du placard, les enfants bleus, les enfants du fond du puits.

C’est de tout temps va, de tout temps, c’est comme la guerre, on n’y peut rien, pas vrai. Ces choses là, c’est tous les jours que ça arrive, et même chez les braves gens, va ! c’est pas marqué dessus, tu sais…

C’est pas marqué dessus…

3 commentaires:

oyez a dit…

Au calme, derrière nos murs épais il s'en passe de drôle de chose, les violences se déchaînent, les monstres existent encore, c'est celui-là, lui, l'autre encore... qui pourrait le dire ? je ne sais pas, ce que je vois c'est un enfant désormais seul, qui ne sera plus celui qu'il a été et jamais celui qui l'aurait du être. J'espère qu'il pourra oublier sa haine pour devenir un homme entier.

Heureux de voir que la chat se balance encore...

Elvire a dit…

Speriamo ? je ne suis plus sûre de mon italien :les vents d'ouest l''auront emporté ;-) heureuse de voir que tu es là, sempre ...

Muse a dit…

Tu aimais sans doute son "asile poétique", retrouve encore de ses poèmes ici
http://mimulata.blogspot.com/