samedi 4 octobre 2008

I lunghi capelli della morte

Amarcord : je me souviens. Je suis partie ce matin de Lucca comme le soleil, boule rouge à l’horizon suspendue, prenait son jour de garde.
Sorcière : j’abandonne les miens.
Je roule et je roule dans la clarté venue de l’est. Vers Rimini, je roule.
Sorcière! Dans mon dos ce soir hurle le bûcher. La vindicte. Pleurent les enfants. Se griffent les femmes, ragent les hommes : sorcière.
Seulement, je me souviens. Le malheur nait du souvenir. Je me souviens d’un long long long collier de bitume, des liens qui se dénouent, des murs de verre de nos maisons prisons, des plaintes de nos chansons, des rêves que nous rêvions à haute voix parfois…
La nuit, je rêve que tu m’aimes.
Ça me réveille en creux, en vide, en négatif photo, en moulage de plâtre. Des empreintes.
Le jour je marche encore.
A défi, à remords, pendule entre-deux, entre deux-mers, entre-deux terres, j’oscille, vacille, somnambule funambule la nuit, le jour en automate, à ressort, à déclics.
Décliquer les déclics déglingués.
Un matin je me souviens alors je quitte Lucca et je roule.
Sorcière.
Sur la plage à Rimini, tu m’attends.
En chemin, je croise des lignées de bitume et les animaux qui les bordent. Biches d’autoroutes, goélands de décharges publiques à grands cris sur les cieux.
Finalement je roule encore. Ils ont allumé le feu, là-bas. Le feu qui brule les sorcières. Autour, ils dansent. Autour ils crient. Autour, ils pleurent.
A la nuit, j’ai les pieds nus dans le sable gris humide et froid. Sur la plage dansent les flammes d’un autre feu. Un feu follet. Une illusoire flambée qui ne dure qu’une nuit.
Cette nuit sur la plage, je rêve que tu m’aimes. Encore. Les longs cheveux de la mort sont gris. Ils poussent sans cesse. Les crabes grignotent les restes. Le sable crisse.
La bobine lâche.
Dans son perchoir, le projectionniste s’endort…

3 commentaires:

Muse a dit…

la vie les jours se déroulent comme un film...pourvu qu'il soit bon! Toujours est -il qu'il a du rythme...

oyez a dit…

"Vieni Marcello...." et il plonge... tu n'aurais pas fait pareil ?

Elvire a dit…

Si bien sûr... pareil... et à refaire,encore je le referais...