
Et dans les flammes claque le bois de châtaigner. Sous la chaleur se fend en éclats sonores orangés.
Les prés dehors couverts d’une gangue blanche, chaque brin d’herbe figé dans sa coque de glace, immobile et fragile, la terre est recouverte de fines mèches de verre qui ne tremblent plus sous le vent.
J’ai pris la route ce matin. Je laisse derrière moi la chaleur du foyer et les claquements du châtaigner dans les flammes. Le froid coule dans ma gorge et réveille tout de moi. Je ne peux plus dormir ainsi.
Je marche, et plus je chemine, plus mes mains, mes pieds, mon corps se réveillent. J’irai ainsi marcher sur les berges de la Loire. Vous me connaissez assez désormais pour savoir que ce ne peut-être que là. Rejoindre les pans d’eaux qui sur les rives craquent en pellicule de glace déchirée. Les ajoncs vernis de givre et les oiseaux penchés. Les plates oubliées. Le temps éternel, là, immobile et étale. Et puis, je vais rentrer. Dans le foyer, rajouter quelques buches avant le retour des enfants. M’endormir sous les rayons du soleil de janvier avec entre les mains un livre ou bien son frère.
Les prés dehors couverts d’une gangue blanche, chaque brin d’herbe figé dans sa coque de glace, immobile et fragile, la terre est recouverte de fines mèches de verre qui ne tremblent plus sous le vent.
J’ai pris la route ce matin. Je laisse derrière moi la chaleur du foyer et les claquements du châtaigner dans les flammes. Le froid coule dans ma gorge et réveille tout de moi. Je ne peux plus dormir ainsi.
Je marche, et plus je chemine, plus mes mains, mes pieds, mon corps se réveillent. J’irai ainsi marcher sur les berges de la Loire. Vous me connaissez assez désormais pour savoir que ce ne peut-être que là. Rejoindre les pans d’eaux qui sur les rives craquent en pellicule de glace déchirée. Les ajoncs vernis de givre et les oiseaux penchés. Les plates oubliées. Le temps éternel, là, immobile et étale. Et puis, je vais rentrer. Dans le foyer, rajouter quelques buches avant le retour des enfants. M’endormir sous les rayons du soleil de janvier avec entre les mains un livre ou bien son frère.
Comme un genre de vie rêvée. Un truc tout simple mais pas même accessible. Je quitte le matin la maison pour le bureau. Là-bas, ce ne sont pas les eaux lisses. Parfois, c’est celui-ci qui sans cesse me poursuit et ne me quitte jamais du regard, pas à pas dans les couloirs, épie mes faits, mes mots, les note sur son carnet ; l’autre jour elle qui ne peut plus qu’à moi se confier de son cerveau trauma ; un autre encore qui doit me dire un truc important qui ne peut pas attendre. Mon métier c’est égoutier, recueil et retraitement des eaux usées. A la fin, tout ça va quand même vers l’océan. C’est le plus important, ça va toujours vers l’océan.








