
Je reste sur un banc. Assise, saison après saison, à nourrir des pigeons. Mes doigts chaque matin se déplient à peine un peu plus lentement sur le pochon de papier qui renferme les graines. Je finis par les reconnaitre tous. Le gros gras (gros grand gras grain d'orge) gris, comme le noir agressif qui poinçonne les autres. Les autres ça se poinçonne. J'ai vu ainsi des dizaines de vie changer de cap. Des hommes et des femmes se laisser, se délaisser. Des hommes et des femmes se choisir. Naitre des enfants, mourir des fils et des filles. A l'abri sur mon banc, il ne se passe rien que du temps. Le temps m'emporte comme j'emporte le temps. A l'identique, pareille. Juste une journée de plus et puis une nuit, bientôt. Pas plus grave que ça : un pochon vide sur un banc vide.
1 commentaires:
restera une vie bien remplie, ouverte sur les choses de la vie et des pigeons orphelins qui attendront qu'un autre prenne la place!
Toujours superbement écrit.
Un joyeux temps de Noël et un bon bout d'an
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