
Et je me perche sur de hauts talons et mes pas claquent les lames de plancher, heurtent les pavés, résonnent dans les traboules et les passages comme une rengaine, un rythme, un tambourin qui me rassure et me tient là, tête haute, dos droit, épaules carrées ; certitude - au moins celle-ci - d’assurer ça, la démarche et l’allant, la dégaine et l’allure.
Voilà donc qu’il faut déjà s’approcher de la pente douce –ou pas si douce - pour enfin marcher droit, tête haute, sans trembler.
Voilà donc qu’il faut déjà voir venir les roux et les mordorés pour oser traverser une salle de restaurant pleine à craquer et gagner, sous les regards supposés, les toilettes ou bien la porte de sortie sans se penser gauche et gourde et maladroite et observée et déplacée sous le feu de mille paire d’yeux rigolards.
C’est une jolie fierté. Bien sûr, il ne faut pas trop s’interroger sur le sens de tout ça. A traverser tête haute, je traverse tout court. A la sortie de la salle, je reste aussi seule qu’à l’entrée. Seule, mais remarquée. Ça me fera une épitaphe ironique. Un dernier coup de griffe sarcastique. Bien cherché.
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