dimanche 25 septembre 2011

Comptine pour accompagner l'automne

Un soleil blanc fait buvard ce matin. Les brumes filassent et s’accrochent à la plaine. Fées, elfes, faunes et farfadets pépient.

Je traverse. Blindée au cœur de ma caisse de métal, le moteur hurlant, sur l’autoroute, je file.

A quoi tu penses quand tu roules comme ça ? A quoi tu penses tandis que le soleil boit les nuées ? A quoi tu penses pendant que les gnomes ricanent au creux des fossés, attendant l’écart, attendant l’arrêt, attendant l’orage ?

Je pense que je me noie. Conduisant, je me noie. Je me noie dans les yeux du garçon perdu. De celui que je n’aurais pas. Du garçon qui n’est pas pour moi.

- Non, non, ma mie, vous n’irez pas danser ; non, non ma mie, vous n’irez pas danser…

Au matin, le soleil pâle déchiquète les brouillards et les étirent en filament. Fées, elfes, faunes et farfadets dansent sous les hautes herbes, entre les rivières grises où se confondent eaux et nuages.

Je traverse. Je passe au travers. Boule de métal hurlant, au cœur portant un lac turquoise, du bleu des yeux du garçon perdu, celui qui n’est pas pour moi.

Tant pis.

2 commentaires:

Andy a dit…

lAC TURQUOISE OU VERT-JAUNE

Elvire a dit…

Turquoise et or. Comme les eaux des ardoisières, parfois. Tu verras. Ou pas.